Se
loger en Ile-de-France n'est pas une gageure seulement pour les plus pauvres : les ménages à revenus moyens sont coincés par la pénurie, souligne jeudi 8 décembre une étude, qui préconise la construction de 100 000 logements en dix ans pour cette catégorie de population, centrale pour l'économie francilienne.
"Nous parlons ici d'un million de Franciliens concernés par ce déficit de logement social et privé intermédiaire", prévient
Jean-Claude Boucherat, président du conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) d'Ile-de-France qui publie l'étude.
Car si la difficulté à se loger pour les pauvres est un problème national, la région capitale présente aussi la spécificité d'avoir du mal à loger ces quelque 450 000 ménages juste trop riches pour le très social mais pas assez pour se loger correctement dans le parc privé, soit 9,3 % des Franciliens. "Nous parlons de ménages avec des revenus moyens de 3 800 euros mensuels, c'est-à-dire par exemple un couple d'un instituteur et une infirmière", explique
Marie-Anne Belin, rapporteuse du rapport.
Dans cette frange "revenus moyens", 292 000 d'entre eux avec des revenus mensuels de 3 500 euros sont éligibles au logement social, mais en sont exclus parce que les places manquent ou sont déjà occupées par des plus nécessiteux.
"Toute la chaîne est bloquée par manque de logements, notamment en location", a souligné M
me Belin, rappelant que le Ceser plaide depuis presque vingt ans pour des constructions massives.
L'objectif de 70 000 logements inscrits dans la loi du Grand Paris n'est pas contraignant et, jusqu'à présent, seulement 37 000 logements sont construits chaque année en Ile-de-France.
"Ces gens peuvent payer des loyers entre 9 et 11-15 euros du m2 ou à l'achat payer entre 3 200 et 4 000 euros le m2, mais il existe un trou dans le parc locatif pour ce type de logements, que nous estimons à 100 000 logements", a détaillé M
me Belin.
Source :
lemonde.fr