Gagner 30% sur le prix de sa maison, le principe est tentant. C'est sur cette promesse notamment que Mikit a bâti son succès. Ce spécialiste des constructions en «prêt-à-finir», c'est-à-dire dont l'aménagement intérieur (cloisons, électricité, plomberie, escaliers…) doit être entièrement réalisé par les acheteurs, séduit bon nombre d'accédants à la propriété.
Ici, les modèles premiers prix s'affichent dès 65.000 euros avec un prix moyen autour de 85.000 euros. «Les mensualités moyennes maison + terrain ne dépassent pas 700 euros en moyenne, souligne Alexandre Macieira-Coelho, président de Mikit, mais au-delà d'un prix bas, nos clients sont à la recherche de l'achat malin. Ils peuvent à la fois s'impliquer complètement dans leur projet et s'offrir des mètres carrés supplémentaires.» L'an dernier, le constructeur a ainsi livré 2000 maisons. Un marché de niche qui ne représente que 2% des maisons individuelles où la demande ne faiblit pas sur un marché immobilier plutôt morose.
Profiter de l'expérience des autres Mais pour réaliser ces économies encore faut-il être prêt à payer de sa personne. Compter trois bons mois pour effectuer l'ensemble des travaux. Et mieux vaut ne pas prendre peur lorsque sont livrées les imposantes palettes de fournitures à poser. Si dans ce genre de constructions comme dans d'autres peuvent survenir des problèmes de malfaçons ou des défaillances de franchisés chargés d'effectuer le gros œuvres, force est de constater que la plupart des acheteurs se prennent au jeu. Ils sont d'ailleurs nombreux à créer des blogs pour relater leurs aventures: tel ce jeune couple qui installe son pavillon BBC dans l'est de la France ou cet enthousiaste qui a fini sa seconde maison Mikit dans le centre du pays (avec photos et vidéos à l'appui).
Quant à ceux que l'ampleur des travaux à effectuer effraie ou rebute, ils pourront se tourner vers Maison Castor, qui propose un concept plus souple. Cette enseigne du groupe Geoxia (Maisons Phénix, Maison familiale…) décline pour chacun de ses modèles trois niveaux de finition dont les prix vont croissant: version travaux (mise hors d'eau, hors d'air), version finition (cloisons et plomberie sont posées) et version décoration où seules manquent la peinture et les petites finitions.
«Les trois quarts de nos clients optent pour le niveau intermédiaire, précise Marion Dolbeau, directrice marketing. Ils sont beaucoup plus jeunes que les clients de nos autres marques puisque les 2/3 ont moins de 35 ans et pensent que mettre la main à la pâte les valorise.» Là aussi, la Toile offre quelques exemples de réalisation: blog très détaillé d'un projet dans le Nord, ou celui-ci qui n'en est qu'à ses débuts et retrace le parcours d'obstacle du montage de projet.
Mais si ces modèles prêts à finir permettent sur le papier de limiter la facture ou de s'offrir des mètres carrés supplémentaires, en a-t-on véritablement pour son argent? «C'est beaucoup trop cher pour ce que c'est, tranche sans appel Daniel Vennetier, fondateur de l'AAMOI (Association d'aide aux maîtres d'ouvrage individuels), une structure qui défend les particuliers face aux constructeurs de maisons individuelles avec fourniture de plan. Ces constructeurs se dispensent du second œuvre qui est très coûteux. Normalement l'économie proposée devrait plutôt s'approcher de 50% que de 30%.»
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Jean-Bernard Litzler pour lefigaro.fr